
Carine Fernandez a connu une adolescence épique. Fugueuse à seize ans, elle a parcouru le monde et vécu au Liban, aux Etats-Unis et en Egypte. Une vie de voyage qui est au coeur des histoires qu'elle raconte. Helen, l'héroïne de
La Comédie du Caire, est une étrangère en Egypte. Cette expatriée d'Irlande, en souffrance, ne sait ou semble ne pas vouloir s'intégrer. Malheureuse dans le tumulte de la ville mythique, et à jamais hantée quand elle l'a quittée. Ce roman est le second de Carine Fernandez.
Le mal-être d'une expatriée.
Jamais vraiment chez elle.

En Egypte Helen a connu le jeu malpropre du pouvoir : le maître sur le domestique, l'Occidental sur l'indigène, en bref, les nantis, ceux qu'en arabe on appelle les " heureux ", sur les disgraciés de toute sorte. Insidieusement, sûrement, sans que de l'extérieur rien ne parût changé, la métamorphose avançait dans son oeuvre de dessiccation. Fournaise du Caire où se racornissent les coeurs. Et même les coeurs amoureux ! Oui, c'est eux qui vociféraient contre le retard du boy, contre les museaux des pauvres, épatés aux vitres de la voiture à chaque feu rouge, contre la marchande de journaux qu'ils pouvaient voir courir à perdre haleine dans le rétroviseur, eux qui se régalèrent du plaisant tour joué au Singe, eux, ce couple pudique encore dans sa fleur, qu'Helen revoit attendre à l'embarcadère pour traverser le Nil.